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Les tourtons ont franchi les
frontières du département depuis une quinzaine d'années. Et cela grâce aux
frères Pellegrin, JeanLouis et Eugène. L'histoire des "tourtons du
Champsaur" débute en 1985. Jean-Louis est moniteur de ski à Chaillol et
travaille dans le secteur de la construction en été. La crise du bâtiment en
1985 le fait réfléchir à une autre activité. Il se lance dans les marchés et
vend notamment des brûleurs de parfum. Or, dans sa cuisine, il concocte des
tourtons dégustés en famille, comme les faisaient sa mère et sa grand-mère
qui tenaient un petit restaurant dédié aux produits du terroir du côté de
Bénévent, au Payas.
"A l'époque, cinq ou six
restaurants seulement en proposaient dans la région", se souvient
Jean-Louis qui a alors une idée. Dans sa cuisine, il en prépare l'après-midi
et les vend le lendemain matin sur ses étals du marché. Il commence par les
marchés des Hautes-Alpes (Gap, Laragne, Pont-du-Fossé notamment) et de
l'Isère (La Mure, Vizille). « Un matin, à 10 heures, j'avais vendu mes 400
tourtons!», raconte le forain devenu chef d'entreprise depuis. De ce
constat de franc succès va naître une nouvelle activité pour la famille
Pellegrin. Eugène, le frère, commercial en vin et champagne dans les
restaurants, donne un coup de main et parle des tourtons lors de ses
tournées.
En 1988, la fabrication ne
s'effectue plus dans la cuisine personnelle de Jean-Louis, mais dans une
ancienne pizzéria de Chaillol, transformée en fabrique de tourtons. Mais
tout est encore fait à la main... S'en suit l'embauche de deux personnes,
dont l'un est toujours employé dans la société : Maurice Gondre, surnommé
"L'abeille".
Le succès est au
rendez-vous. Si bien qu'en 1993, "Le Tourton du Champsaur" s'installe dans
un beau bâtiment de la plaine de Chabottes, dont la mairie est
propriétaire. « Si nous n'avions pas eu ce coup de pouce de la municipalité
et de Jean-Yves Dusserre, son maire, nous n'en serions pas là, reconnaît
bien volontiers Jean-Louis Pellegrin. Les quatre premières années, nous
n'avons pas pris de salaire. Heureusement, nous avions gardé nos premiers
métiers ». Les employés passent de deux à quatre personnes avant d'atteindre
le chiffre de dix-sept salariés aujourd'hui.
Si la demande est sans cesse
croissante, la production doit suivre. Pas facile. Il faudra aux frères Pellegrin investir dans du matériel pour améliorer les procédés de
fabrication et le rendement. Ils iront jusqu'en Suisse pour faire fabriquer
sur mesure les machines adaptées à une
production
semi-automatique.
Et parce
qu'il faut toujours proposer de nouveaux produits, de nouveaux parfums pour
progresser, la gamme des tourtons s'étend : des traditionnels tourtons
garnis de pommes-de-terre, tome du Champsaur et du Queyras, oignons, vont
arriver les tourtons à la tomme de chèvre, au reblochon fermier, aux
épinards, mais
aussi des tourtons sucrés à la pomme, aux pruneaux. Sont actuellement à
l'essai des tourtons à la framboise, au chocolat et à la viande.
Les spécialités culinaires
sont appréciées, Les frères Pellegrin se lancent aussi dans la fabrication
de ravioles et d'oreilles d'âne, spécialité plus particulièrement liée au Valgaudemar, notamment avec le nouveau site de fabrication de SaintFirmin
ouvert depuis janvier dernier. Trois personnes y ont été recrutées.
Aujourd'hui, les produits "Tourton
du Champsaur" sont distribués sur un réseau de vente varié, allant des
marchés dans les départements des Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence,
Vaucluse, Savoie, Haute-Savoie, Isère et Bouches-du-Rhône ; en grandes
surfaces, dans les rayons frais et surgelés ; en vente directe dans les
fabriques de Chabottes et Saint-Firmin ; au "Café du tourton" à La
Chapelle-de-Valgaudemar ; au chalet de Vallouise à Château-VilleVieille.
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De
haut en bas et de gauche à droite: les employés du site de Chabottes

Maurice Gondre dit "l'abeille", le premier employé |
L'histoire des tourtons, des ravioles et des oreilles d'âne...
Selon les
recherches de la famille Pellegrin, le tourton est né dans les années 1830,
autrefois nommé "coussin du petit Jésus". Le tourton était servi pour les
fêtes de Noël. Faits de farine, ceufs, beurre, pomme de terre, oignons,
crème et fromage, les tourtons ressemblent à des coussinets de pâte fine,
renfermant une farce faite de pomme de terre, oignon, crème fraiche, fromage
et autres ingrédients. Ces coussinets sont frits dans l'huile ou à la poële.
Ils accompagnent une salade verte ou une viande. Le tourton peut aussi être
fourré à la confiture ou avec d'autres produits sucrés.
Quant aux oreilles d'ânes,
cette recette vient du Valgaudemar où les épinards sauvages, en forme
d'oreilles d'âne, étaient cuits et mis à gratiner dans une pâte fraîche
nappée de béchamel et de crème fraîche.
Enfin les
ravioles, autre spécialité du Champsaur, correspondent à de petits beignets
allongés à base de pomme de terre et fromage. Ils se dégustent avec du miel
ou de la confiture de framboise par exemple.
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Créé en 1988 à Chaillol dans les locaux d'une ancienne
pizzeria , le "Tourton du Champsaur" est installé à Chabottes en 1993, où
l'entreprise emploie aujourd'hui 17 personnes. Production journalière : 40
000 tourtons.
- Depuis janvier 2005, un second site de fabrication a
été ouvert à Saint-Firmin et confectionne plus particulièrement des ravioles
(3 000 par jour) et des oreilles d'âne (700 barquettes par jour). Il
emploie trois personnes.
Le "Tourton du Champsaur", entreprise aux
statuts de SARL, est dirigé par les frères Pellegrin, Jean-Louis et Eugène.
Chiffre d'affaires : 1,5 million d'euros dont 44 % en
grandes surfaces, 30 % avec les grossistes, 22 % par les revendeurs et 4 %
les restaurants et la vente directe. |
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Jean-Louis et Eugène Pellegrin ont créé "Le Tourton du Champsaur" en 1988,
au début à Chaillol et depuis 1993, à Chabottes. |